LE KREMLIN a signé ces derniers mois avec la Tchétchénie une série d’accords qui, sans reconnaître formellement son indépendance, la placent hors du cadre fédéral russe. Or, la ” catastrophe ” annoncée dans ce cas de figure, c’est-à-dire un effet domino destructeur pour la Fédération de Russie, n’est pas au rendez-vous. Chacun semble donc admettre maintenant que rien ne justifiait la guerre menée par la Russie dans cette minuscule portion de ” son ” territoire. Etendu sur onze fuseaux horaires, il offre lui-même suffisamment de défis au pouvoir central, avec ses gouverneurs régionaux désormais élus et d’autant moins soucieux d’obéir à Moscou qu’ils n’en reçoivent plus que des subventions minimes.
HORIZONS-ENTRETIENS Georges Charachidze, spécialiste du Caucase et professeur à Langues-O. Selon le linguiste et historien, de nouveaux foyers de guerre pourraient apparaître dans la région.
De la Biélorussie au Caucase, Moscou peine à établir des relations politiques et économiques équilibrées avec ses anciens satellites regroupés, aujourd’hui, au sein de la Communauté des Etats indépendants.
Le départ de l’artisan des accords qui ont mis fin à la guerre suscite l’inquiétude à Grozny.
Boris Eltsine, qui n’a toujours pas rencontré son “représentant personnel” en Tchétchénie, semble davantage soucieux de contrer l’ascension politique du général que de s’opposer à l’accord de paix.
ACCORD DE KASSAVIOURT, SIGNE DANS LA NUIT DU SAMEDI 31 AOUT 1996. L’accord prévoit le retrait des troupes russes dans les trente jours et un référendum… en 2001.
Un règlement bute sur le statut futur de la république caucasienne.
Le cessez-le-feu, décidé par les Russes et les indépendantistes, est entré en vigueur, vendredi, dans la République caucasienne. Des patrouilles “conjointes” surveilleront son application.
Une démission qui pourrait renforcer ses pouvoirs, alors que les indépendantistes tchétchènes devaient annoncer, samedi 17 aoüt, un cessez-le-feu unilatéral sur l’ensemble de la république caucasienne.
10 AOUT 1996, ALEXANDRE LEBED EST NOMME REPRESENTANT DE BORIS ELTSINE EN TCHETCHENIE EN REMPLACEMENT D’OLEG LOBOV. Cette décision semble montrer une volonté de changer de politique envers la petite République caucasienne. Toutefois, samedi 10 août au matin, Moscou avait toujours recours à la manière forte contre les indépendantistes à Grozny.

