C’est en s’appuyantsur les frappes aérienneset l’établissement d’un cordon sanitaire autour de la Tchétchénie que les Russes veulent régler le problème du terrorisme islamiste.

Les Russes veulent en finir avec les islamistes. ” Nous poursuivrons les terroristes partout. S’ils sont aux toilettes, nous irons les buter dans les ch…” a averti, dans une sortie inhabituelle à la presse locale, le Premier ministre Vladimir Poutine. Si bien qu’hier la Tchétchénie a été, pour le deuxième jour consécutif, la cible de l’aviation russe. Au moins 23 personnes sont mortes à Grozny selon la présidence tchétchène qui menace la Russie de ” prendre des mesures ” si les frappes se poursuivent.Le quotidien Vremia expliquait hier que les militaires russes appliquent désormais ouvertement ” l’option yougoslave “, utilisant la tactique de l’OTAN contre la Yougoslavie : ” Les pilotes doivent détruire non seulement les forces vives de l’ennemi et ses bases, mais aussi toute l’infrastructure qu’il peut utiliser “. La Russie ” ne prévoit aucune opération militaire de grande envergure en Tchétchénie “, a souligné M. Poutine pour bien faire comprendre qu’il ne s’agit pas de lancer une opération terrestre, contrairement à ce que laisse entendre la presse russe et les services de renseignements tchétchènes. Mais hier soir, il a toutefois indiqué que Moscou pourrait, ” si nécessaire pour liquider les terroristes “, envoyer en Tchétchénie les ” forces spéciales ” de l’armée.Une intervention terrestre en Tchétchénie semble en effet difficile à envisager pour l’armée russe, pauvre et mal équipée, qui a eu du mal à venir à bout de quelque 2 000 rebelles islamistes au Daguestan en août et septembre. Ces bombardements constituent un changement majeur dans la stratégie de Moscou alors que les frappes sur la Tchétchénie, commencées le 5 septembre, touchaient surtout jusqu’à présent la zone frontalière avec le Daguestan.En élargissant ses cibles, Moscou entend faire pression sur le président Aslan Maskhadov, accusé de tolérer en Tchétchénie les activités des groupes armés islamistes hostiles à la Russie.Mais cette technique a aussi ses limites. A quoi bon faire pression sur le président Maskhadov qui ne contrôle qu’une partie de son territoire livré à des chefs de guerre dont certains se réclament du fondamentalisme islamiste, s’interroge la presse russe.C’est pourquoi Moscou fait aussi reposer ses espoirs sur l’établissement d’un cordon sanitaire le long des 650 km de la frontière, assuré par quelque 30 000 militaires, appuyés par des blindés, des hélicoptères et des avions.Un tel dispositif, selon Moscou, isolerait la Tchétchénie, empêcherait les islamistes de se livrer à des attentats en Russie et de faire des incursions au Daguestan ou dans d’autres républiques musulmanes du Caucase. Mais beaucoup d’observateurs doutent de l’efficacité de ” la Grande muraille de Tchétchénie “.

Le Progrès – Lyon
samedi 25 septembre 1999

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