La Repubblica (Tahar Ben Jelloun) : « Certains font la comparaison avec l’Afghanistan de 1979. A l’époque, les Afghans se battaient contre le communisme. Ils eurent l’appui de tout l’Occcident ainsi que des Américains. Les Tchétchènes se battent pour sauver leur pays, les valeurs de leur culture. (…) La résistance des Bosniaques comme celle des Tchétchènes resteront un symbole qui préfigure de manière alarmante l’avenir des peuples qui ont le tort d’être pauvres et surtout minoritaires. Les discours généreux, les belles paroles des puissants de ce monde ont perdu toute crédibilité. Seule se maintient vive la volonté de ces peuples de vivre libres. »

The Independent : « L’impact de la guerre est en passe de devenir bien plus important que ce que l’on avait pu imaginer le 11 décembre, lorsque l’assaut a été donné. Selon des commentateurs russes bien informés, 1995 sera le test le plus sévère pour la réforme en Russie depuis l’arrivée au pouvoir de Mikhaïl Gorbatchev. Pour le monde occidental, le destin politique personnel de M. Eltsine semble désormais moins important que la nécessité de préserver le processus de réforme dans son ensemble. »

Libération (Jacques Amalric) : « L’acharnement des Tchétchènes commence aussi à poser problème aux capitales occidentales, qui ne s’émeuvaient guère, il y a deux ou trois semaines, d’une crise pourtant aisément prévisible : l’affaire, certes, est toujours considérée comme relevant de la politique intérieure russe, mais la terreur mise en oeuvre par Moscou inquiète. (…) C’est bien le moins, mais c’est encore bien peu. »

La Tribune (François Roche) : « Entamée dans l’indifférence générale, l’affaire commence à susciter une réelle inquiétude dans la communauté internationale, notamment aux Etats-Unis et en Allemagne. Quand on connaît le poids de ces deux pays dans les investissements étrangers en Russie, on mesure sans peine le danger que court Boris Eltsine, celui de sa décrédibilisation croissante. Le président russe n’a pas fait preuve d’un sens de la mesure exceptionnel dans la gestion du conflit. La brutalité affichée, la chape de plomb sur l’information, comme au temps du KGB, les mensonges officiels, rappellent de fâcheux souvenirs et indiquent que, sur le fond, le mode de fonctionnement de l’exécutif russe n’a pas rompu totalement avec le système soviétique. »

France Inter (Bernard Guetta) : « Ce n’est pas seulement son image de démocrate que Boris Eltsine a définitivement perdue dans les décombres de la capitale tchétchène. Ce n’est pas seulement non plus que cette cynique aventure le laisse politiquement isolé, avec pour seul soutien celui de l’extrême droite nationaliste. C’est aussi que ce président russe ridiculise son pays, dont l’armée, réticente et désorientée, n’est toujours pas parvenue à s’assurer le contrôle de Grozny. »

La Chaîne Info (Pierre-Luc Séguillon) : « En réalité, les dirigeants occidentaux espèrent secrètement que Boris Eltsine viendra rapidement à bout des velléités indépendantistes tchétchènes et qu’il évitera, dût-il user de la manière forte, de s’enliser dans cette opération. (…) Au nom des droits de l’homme, il importe sans doute de s’émouvoir de la vaillance et des souffrances des résistants tchétchènes. Mais la raison politique oblige à souhaiter cyniquement une prompte victoire de Boris Eltsine pour l’avenir de la paix sur le continent européen. »

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